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Rideau sur le Nyang-Nyang
Rideau sur le Nyang-Nyang
Le peuple fussep a vécu le dimanche 13 mars 2005 l’apothéose de sa fête culturelle à la place des fêtes de la chefferie.
La clôture de quatre mois d’intenses activités du festival Nyang Nyang Nekieng 2004-2005 a eu lieu le dimanche 13 mars 2005 avec l’exhibition de la danse Koumdze, la société sécrète dite la plus “ dangereuse ” de la chefferie Bafoussam. La spécificité de cette danse, dont les exécutants répondent à des critères de choix très sélectifs, est qu’elle se déroule en trois phases. L’arrivée et la procession des reines sur une place de fête entourée de la majorité des trésors culturels que compte la chefferie, l’immolation d’un bouc sur la piste de sortie des danseurs en signe de purification. Cette immolation quant à elle précède la sortie effective des danseurs, le chef y compris avec sur la tête une couronne gigantesque, paré de costumes traditionnels hors pair, s’exhibant nu-pieds, et portant le Neleng, un objet de danse. D’après le chef Njitack, il n’est pas donné à n’importe qui de toucher le Neleng à cause de ses contours mysthiques. Avant le tour de danse du Koumdze, tous les membres traversent sur le sang du bouc immolé. Tous les deux ans, cette danse vient clôturer les activités du festival biennal Fussep, programmé suivant un calendrier spécial, avec des jours d’entrée (shienku) et de sortie (gossa touopsa’a) des sites du rituel. La mission première du festival nyang-nyang est d’initier, de fortifier, de soumettre les jeunes Fussep à un certain nombre de rites en vue d’une meilleure insertion dans la vie sociale et dans le strict respect des us et coutumes du village. Par ailleurs l’initiation de ces jeunes, dont l’âge varie généralement entre sept et quinze ans, au Nekieng, fait d’office d’eux des guerriers de la communauté. Pour cette édition plus de 600 jeunes ont subit ce rite d’initiation qui se caractérise par le sens de partage avec les membres de la communauté sans distinction aucune.
Marques de sympathie Dans la marrée humaine, sans précédant tout au long du festival, venue assister à la danse Koumdze, on notait les présences significatives des corps diplomatiques dont les ambassadeurs d’Espagne et des Etats-Unis au Cameroun, les autorités administratives, religieuses, politiques et une dizaine de chefs traditionnels. Sa Majesté Ngaha II Ibrahim, chef supérieur Tikar et ancêtre de la dynastie Bafoussam était venu soutenir ses enfants qui se sont détachés de son groupement il y a 800 ans. Tous ces dépositaires de la tradition bamiléké et d’ailleurs étaient là pour encourager Njitack Ngompé Pelé dans la valorisation de sa culture et ses traditionnelles. “ Les activités culturelles qui étaient au programme engageaient toute la communauté bafoussam. Comme vous pouvez le constater, tout est bien qui fini bien. La valorisation d’un peuple n’a pas de prix ; une fois de plus le peuple Bafoussam se sent honoré pour avoir présenté ce qu’il a de plus cher à savoir son patrimoine culturel si riche, si dense et si attrayant (allusion faite aux portes ouvertes sur le tourisme du palais qui ont précédé la cérémonie de clôture ndlr) ”, s’est réjouit Njitack Ngompé qui s’est exhibé, majestueusement, sur une place du marché où conformément aux proscriptions du Koumdze, il est strictement interdit d’applaudir pendant l’exhibition du chef. Pour l’ovationner, les spectateurs pouvaient à la limite se lever comme un seul homme et saluer le rythme, la synchronie et la cadence qui ponctuaient les frétillements de son corps. Le tout était accompagné par les sons de tam-tam, que distillaient d’infatigables batteurs. La leçon que tire Njitack Ngompé des quatre mois de festivités est celle d’un fort attachement, malgré la modernisation ambiante, du peuple bafoussam à sa culture ancestrale. La clôture de ce festival vient ainsi relancer les réjouissances populaires qui étaient interdites depuis le 28 novembre 2004, date de lancement des cérémonies. Le rendez-vous est pris pour l’édition 2007.
Par Blaise Nzupiap Nwafo Le 16-03-2005
http://www.lemessager.net/
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Posté le 30 Jun 2007 par Le Point Com Ducamer
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