cameroun,cameroon,afrique,africa
POLLUTION : CERTAINS HABITANTS DE BAFOUSSAM EN DANGER
Le site de décharge d’ordures choisi par Hysacam mis en cause. Le maire et le chef des “ Fussep ” l’estiment à risque pour des familles environnantes.
“Je ne peux pas laisser perdurer la situation ”. Njitack Ngompe Pelé, le chef supérieur des Bafoussam qui tient ces propos est visiblement catégorique. La zone de décharge choisie “ unilatéralement ” par l’entreprise qui exécute les travaux de collecte des ordures dans le chef-lieu de la province de l’Ouest n’est pas propice pour ses administrés, notamment des nombreuses familles qui sont installées non loin du site en question, au quartier Banefo, “ une zone à forte densité de population”, précise celui qui est aussi le maire de la commune rurale de Bafoussam. “ Le problème est réel. Il y a des familles qui en meurent. Les mouches et les moustiques qui découlent de cette décharge sont d’une taille incroyable ”, se plaint-il, le visage un peu tiré par le deuil d’un de ses parents qu’il porte depuis la semaine dernière. A ce jour, 400 tonnes d’ordures auraient déjà été déchargées dans la zone. Et l’édile de la localité est d’autant plus remonté qu’il n’aurait pas été consulté pour que sa terre serve ainsi de dépotoir d’immondices. “ Ma commune ne devait pas être une décharge sans mon autorisation ”, raisonne Njitack Ngompe Pelé favorable une concertation entre les deux parties afin de trouver un consensus. A l’en croire, il avait déjà parlé des dangers de la pollution de l’environnement par les déchets collectés dans la ville par la société Hysacam, le 1er août dernier, à l’occasion de la réunion technique qu’avait présidé le gouverneur de l’Ouest dans ses services. La sonnette d’alarme avait été entendue, et les différentes parties devaient se rencontrer pour trouver une zone de rechange. “ Malheureusement, depuis le 1er août, ils [les responsables d’Hysacam, ndlr] ne sont plus venus pour qu’on en parle ”, regrette le maire de la commune rurale de Bafoussam.
D’après nos informations, une concertation entre les responsables de la société de ramassage d’ordres et le délégué du gouvernement auprès de la commune urbaine de Bafoussam, les maires des communes rurales de Bafoussam, Baleng et Bamougoum et le délégué était programmée avant le lancement officiel, lundi 21 août, de l’exécution des travaux. Elle n‘a pas eu lieu finalement pour des raisons encore inconnues. Approché hier à l’esplanade de l’hôtel de ville de Bafoussam, le directeur général d’Hysacam s’est fermé au reporter. “ Je ne m’entretiens pas avec les journalistes. Vous n’étiez pas à la cérémonie d’hier [avant-hier, ndlr] ? Il y avait le chef d’agence là-bas non ? Et il y a un responsable de la communication. ”, a répondu Michel Ngapanoun,. Avant-hier justement, lors de la cérémonie de lancement officiel des activités de la société qu’il dirige, il indiquait pourtant : “ Il revient aux autorités municipales et administratives de valider un site de décharge adéquat où nous pourrons utiliser, dans les règles de l’art, toutes les techniques de mise en décharge contrôlée convenues dans le contrat ”.
Improvisation. Descendu sur le lieu de décharge à problèmes, le ministre d’Etat, ministre du Développement urbain et de l’Habitat (Minduh) a réalisé l’ampleur du danger auquel sont exposés les habitants de cette zone. Sans se laisser persuader par le patron de l’entreprise adjudicataire du marché, financé d’ailleurs à 85 % par l’Etat qu’il représente, Etienne Charles Lekene Donfack aurait instruit Michel Ngapanoun de trouver un autre site de décharge en se rapprochant des autorités municipales. Mieux, il lui aurait proposé de négocier avec le chef supérieur des Bafoussam un espace sur son territoire, quitte à le désintéresser. Une marge de 15 % aurait été envisagée pour être rognée sur le budget global du marché. Ce qui ne serait pas la préoccupation première du chef supérieur des Bafoussam. “ Notre souci est de trouver un lieu qui ne va pas détruire les populations. Tous ensemble, nous devons choisir ”, propose Njitack Ngompe Pelé qui avoue, par ailleurs, l’attachement des populations à leur terrain dans les régions de l’Ouest. |